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Sécurité et continuité d'activité

Un incident finira par arriver. Ce jour-là, tout se joue sur deux chiffres : en combien de temps vous repartez, et combien de données vous avez perdues au passage.

La sauvegarde que personne n'a jamais restaurée

C'est le scénario que je rencontre le plus souvent. Une sauvegarde tourne, un rapport vert arrive chaque matin, tout le monde dort tranquille. Le jour où il faut restaurer, on découvre qu'elle ne contenait pas la base de données, ou qu'elle était sur le même serveur que ce qu'elle devait protéger, ou qu'elle s'est arrêtée il y a onze mois sans rien dire à personne.

Une sauvegarde qui n'a jamais été restaurée n'est pas une sauvegarde, c'est une hypothèse.

Ce que je mets en place

  • Des sauvegardes chiffrées, réparties sur plusieurs zones géographiques, dont au moins une hors ligne ou immuable, ce qui est la seule vraie protection contre un rançongiciel.
  • Des restaurations testées à intervalle régulier, avec le temps de restauration mesuré et écrit noir sur blanc.
  • Un plan de reprise chiffré en heures : qui fait quoi, dans quel ordre, avec quels accès, et combien de temps cela prend réellement.
  • Le durcissement des systèmes : cloisonnement des accès, suppression des comptes dormants, authentification forte, exposition réseau réduite au strict nécessaire.
  • Des audits de sécurité et un accompagnement en cas d'incident.

Les deux chiffres qui comptent

Le premier est le temps de reprise : combien d'heures entre l'incident et le retour à un service normal. Le second est la perte de données acceptable : combien d'heures de travail vous acceptez de perdre. Une sauvegarde quotidienne à minuit signifie qu'un incident à 23 heures vous coûte une journée entière de saisie.

Ces deux chiffres ne se décident pas techniquement, ils se décident en fonction de ce que vous coûte une heure d'arrêt. Ils déterminent ensuite toute l'architecture de sauvegarde, et son prix.

Le rançongiciel, en pratique

Une attaque par rançongiciel ne chiffre pas seulement vos fichiers. Elle cherche d'abord vos sauvegardes, parce que c'est ce qui vous permettrait de refuser de payer. Une sauvegarde accessible depuis le réseau, avec les mêmes identifiants que le reste, sera chiffrée en même temps que le serveur.

D'où l'insistance sur la copie immuable ou déconnectée. C'est le seul élément qui transforme une catastrophe en mauvaise semaine.

Questions fréquentes

Ce qu'on me demande le plus souvent

Mon hébergeur fait déjà des sauvegardes, est-ce suffisant ?

Rarement. Les instantanés proposés par les hébergeurs protègent contre une panne matérielle, pas contre une suppression, une corruption de données ou un rançongiciel qui aurait accès au compte. Ils sont aussi conservés peu de temps, et hébergés au même endroit que vos données. Ils constituent une première copie utile, pas une stratégie de sauvegarde.

Quelle est la différence entre une sauvegarde et une archive ?

Une sauvegarde sert à revenir en arrière rapidement après un incident récent, elle est fréquente et conservée peu de temps. Une archive sert à retrouver un état ancien, souvent pour des raisons légales ou contractuelles, elle est rare et conservée longtemps. Les deux répondent à des besoins différents et ne se remplacent pas.

À quelle fréquence faut-il tester une restauration ?

Au moins deux fois par an pour un système important, et systématiquement après tout changement significatif d'architecture. Un test de restauration mesure aussi le temps que cela prend, ce qui est précisément le chiffre dont vous aurez besoin le jour de l'incident.

Faites-vous des audits de sécurité ?

Oui, sous forme d'une revue de configuration et d'exposition : accès, cloisonnement, mises à jour en retard, services exposés inutilement, gestion des secrets. Vous recevez un rapport hiérarchisé par gravité et par effort, pas une liste de mille lignes ingérable.

Quand avez-vous restauré une sauvegarde pour la dernière fois ?

Si la réponse est « jamais » ou « je ne sais pas », c'est le moment d'en parler. Un test de restauration coûte une demi-journée et vaut mieux que n'importe quelle promesse.