418 DevOps Infogérance et DevOps en Alsace

Changer d'hébergeur ou migrer un serveur, sans coupure

Je migre des sites, des applications et des serveurs vers un nouvel hébergeur ou vers une version maintenue. La nouvelle plateforme est construite à côté de l'ancienne, et votre activité continue pendant ce temps.

Pourquoi on migre

Le système n'est plus maintenu. Plus aucun correctif de sécurité, et les logiciels récents refusent de s'installer. C'est la migration la plus urgente, et celle qu'on repousse le plus longtemps. Debian 11 est dans ce cas depuis le 1er septembre 2026 : voir les versions concernées.

L'hébergeur ne convient plus. Le support ne répond pas, la facture a dérivé, ou la machine est devenue trop petite. Un déménagement bien préparé n'a rien de spectaculaire.

Vous êtes enfermé. Un logiciel dont on ne peut pas exporter les données, un prestataire qui garde les accès, une plateforme dont le prix monte chaque année. En sortir demande de la méthode, mais c'est presque toujours possible.

Mars 2021 : un serveur sans sauvegarde dans l'incendie de Strasbourg

Dans la nuit du 9 au 10 mars 2021, un incendie détruit l'un des bâtiments du datacenter d'OVHcloud à Strasbourg. Quelques jours plus tard, une fédération associative nationale m'appelle. Son serveur, qui fait tourner une quarantaine de sites Drupal gérés avec Aegir, était hébergé sur place. Il a été coupé par précaution, et il n'en existe aucune sauvegarde ailleurs.

Le serveur a survécu. OVHcloud peut le rallumer, mais pour deux semaines seulement, avant de le mettre hors service. Tout doit en sortir d'ici là.

La difficulté, c'est le système : Ubuntu 12.04, plus maintenu depuis 2017, et qu'aucun hébergeur actuel ne propose à l'installation. Mettre à jour à la fois le système et le logiciel des sites, dans ce délai, était impossible. J'ai donc reconstruit la machine chez moi, sous VMware, avec chaque logiciel dans sa version exacte récupérée dans les dépôts d'archives, puis j'y ai copié les configurations, les bases de données et les fichiers des sites. L'image finale a été importée chez DigitalOcean, qui accepte les images personnalisées. Les sites sont repartis en moins d'une semaine, sans aucune coupure.

J'en ai profité pour faire un audit de sécurité et corriger les failles connues (CVE) encore ouvertes, qui auraient pu être exploitées. Puis j'ai mis en place les sauvegardes. Chaque jour, un serveur de sauvegarde vient chercher les données par SSH et en garde des instantanés en lecture seule : un par jour sur trente jours, puis un par semaine sur douze semaines, un par mois sur douze mois, et un par an sur deux ans. C'est la sauvegarde qui va chercher les données, pas le serveur qui les envoie : quelqu'un qui prendrait la main sur le serveur n'aurait aucun accès aux copies. Une fois par semaine, l'ensemble est en plus archivé sur un stockage à froid, dans un troisième lieu.

Ce dispositif a tenu jusqu'à ce que la fédération remplace ses sites Drupal par une flotte de sites WordPress, toujours une quarantaine, que j'administre encore aujourd'hui. Le récit complet, étape par étape.

Comment je procède

  • Un inventaire complet avant toute décision : services, données, dépendances, tâches planifiées, certificats, tout ce qui pointe vers la machine actuelle.
  • La plateforme cible construite à côté, sans toucher à la production, et documentée étape par étape.
  • Les deux en parallèle, données synchronisées, le temps de vérifier que tout se comporte comme prévu.
  • Une bascule DNS hors des heures de trafic, avec une durée de propagation réduite plusieurs jours à l'avance.
  • Un retour arrière possible à chaque étape, jusqu'au dernier moment.
  • L'arrêt de l'ancienne plateforme une fois que plus rien ne s'y connecte.

Pourquoi le service ne s'arrête pas

Rien n'est déplacé : la nouvelle plateforme est remplie et testée avant qu'on y envoie le trafic, et l'ancienne reste disponible tant que la nouvelle n'a pas fait ses preuves.

Le seul moment sensible est la dernière synchronisation des données. Sa durée dépend du volume ; elle est planifiée de nuit ou le week-end, et se compte le plus souvent en minutes.

Ce qu'on corrige au passage

Une migration est l'un des rares moments où l'on ouvre tout. J'en profite pour remettre les sauvegardes en route, resserrer les accès, supprimer les services qui tournaient pour rien et documenter ce qui ne l'avait jamais été. La plateforme d'arrivée est presque toujours plus simple que celle de départ, et souvent moins chère.

Tarif

Migration d'un serveur, inventaire compris
à partir de1 200 €HT par serveur

Le prix dépend surtout du nombre de services, du volume de données et de l'écart entre l'ancien système et le nouveau. L'inventaire permet de vous remettre un devis précis avant tout engagement.

Questions fréquentes

Questions sur les migrations

Y aura-t-il une coupure de service ?

Dans la plupart des cas, aucune coupure visible pour vos utilisateurs. La nouvelle plateforme est construite, remplie et testée avant que le trafic y soit envoyé. Seule la synchronisation finale des données est sensible : elle est planifiée hors des heures de trafic et dure généralement quelques minutes.

Combien de temps prend une migration ?

De quelques jours pour un site vitrine et sa base de données à plusieurs semaines pour une plateforme applicative avec des interdépendances. L'inventaire initial, qui prend un à trois jours, permet de donner un calendrier fiable avant de s'engager.

Peut-on quitter AWS ou Azure pour un hébergeur européen ?

Oui. C'est une migration comme une autre, avec une étape en plus : repérer les services propres au fournisseur, comme les bases de données managées ou le stockage objet, et leur trouver un équivalent chez un hébergeur européen ou sur un serveur dédié. Ce travail est fait pendant l'inventaire, avant tout engagement.

Peut-on migrer si l'ancien prestataire ne coopère pas ?

Le plus souvent oui, à condition que vous soyez titulaire du nom de domaine et des comptes d'hébergement. C'est la première chose que je vérifie. Si les accès sont détenus par un tiers, il existe des procédures de récupération, plus longues mais efficaces.

Mon serveur tourne sur une version très ancienne, est-ce un problème ?

C'est justement une bonne raison de migrer : une version obsolète ne reçoit plus de correctifs. Passer à une version maintenue demande parfois d'adapter l'application ; ce travail est repéré et chiffré pendant l'inventaire.

Un serveur que vous n'osez plus mettre à jour ?

Dites-moi ce qui tourne dessus et depuis quand. Je vous dirai s'il faut migrer, vers quoi, et ce que ça représente.